L'impressionnisme au musée d'Orsay en 10 oeuvres

De l'école de Barbizon au néo-impressionnisme

26 janv. 2010 Maxime Derville

Le musée d'Orsay honore les peintres, sculpteurs et décorateurs des deux derniers siècles. L'impressionnisme est donc bien représenté dans ce merveilleux musée parisien.

A travers 10 chefs-d'oeuvre majeurs, cet article propose de parcourir la section impressionniste du musée d'Orsay. De Millet à Cézanne, en passant par Van Gogh et Renoir, ils permettent de mieux comprendre la peinture de cette époque.

Le pré-impressionnisme

Le pré-impressionnisme est représenté par les peintres de l'école de Barbizon : Théodore Rousseau, Jean-François Millet, Charles-François Daubigny ou encore Camille Corot. Opposés aux canons classiques de l'académisme et aux peintres romantiques, deux courants s'opposant fortement à cette époque-ci, les peintres de Barbizon font la part belle à la nature. C'est au milieu des années 1850 que le mouvement se met en place dans cette petite ville de Seine-et-Marne.

Des Glaneuses, 1857, Jean-François Millet

Emblème même de la vie rurale, ce tableau montre trois glaneuses, opérant avant le coucher du soleil, et après le passage des moissonneurs. Le droit de glanage existe toujours aujourd'hui et permet aux plus démunis de venir ramasser les restes d'une moisson de céréales. Véritable épreuve physique, les trois personnages symbolisent les trois phases du glanage : se baisser, ramasser et se relever. Au loin, la faste récolte contraste avec les maigres épis déjà ramassés par les glaneuses. Des oiseaux tourbillonnent, attendant le moment propice pour venir picorer. Hymne à la vie rurale, cette oeuvre empreinte de réalisme annonce le mouvement impressionniste en travaillant sur le motif, plutôt que sur la symbolique du tableau.

A ne pas manquer aussi : L'angélus (1858-1859)

La Blonde aux seins nus, 1878, Edouard Manet

On voit aisément l'influence des premiers impressionnistes sur la peinture de Manet, lorsqu'on regarde cette peinture, face au fameux Déjeuner sur l'herbe ou Olympia, peints quinze ans auparavant. Peinte dans une lumière claire, cette blonde penche sa tête de façon très mélancolique, qui rappelle un peu la mélancolie du visage de la femme dans L'absinthe (Degas, 1876). L'absence de traits fins, d'ombre portée et les épaules basses de cette femme font de ce tableau un portrait du renoncement. Un tableau en somme assez sombre, qui contraste avec la clarté de ses couleurs.

L'impressionnisme

Les coquelicots, 1873, Claude Monet

Ode à la peinture de plein air, ce tableau est l'un des plus connus de l'artiste. Présenté au premier salon des impressionnistes en 1874, il fait sensation. Cette peinture définit simplement, et fraîchement, la joie d'une promenade à la campagne. Les deux couples de personnages forment une oblique et permettent de partager le tableau en deux parties : l'une dominée par le rouge des coquelicots, l'autre par le vert bleuté des herbes hautes.

A ne pas manquer aussi : La gare Saint-Lazare (1877), La rue Montorgueil Fête du 30 juin 1878 (1878) et la Série des cathédrales de Rouen (1892-1893)

Le bal du Moulin de la Galette, 1876, Pierre-Auguste Renoir

Ce tableau, présenté au salon des impressionnistes de 1877, représente une fête joyeuse dans laquelle de nombreux personnages prennent place. Les touches colorées et vives du tableau font de cette oeuvre l'une des plus réussies de Renoir. Joie, mouvement et vitalité sont ici parfaitement représentatifs du quartier de la butte Montmartre de la fin du XIXème siècle.

A ne pas manquer aussi : Torse de femme au soleil (1876)

Raboteurs de parquet, 1875, Gustave Caillebotte

Ce tableau plutôt réaliste s'insère dans le courant impressionniste dans le sens où il a été présenté au salon des impressionnistes de 1876, refusé auparavant par le jury du Salon de 1875. Première représentation du prolétariat urbain, ce tableau a fait scandale du fait de son réalisme cru et de son académisme (perspective parfaite et torses antiques) mis au service d'une certaine modernité, véritable innovation conceptuelle en 1875.

La classe de danse, 1871-1874, Edgar Degas

Degas s'est beaucoup intéressé au monde de la danse classique, et plus particulièrement aux danseuses lors des entraînements. C'est ici le cas : il décrit la fin d'une séance de travail, les gestes les plus furtifs des danseuses. Elles remettent leur ruban en position, se grattent le dos, s'étirent...Bref, un instantané pictural. Une grande place est donnée à la perspective, non seulement par le point de vue, mais aussi par les lattes du plancher.

A ne pas manquer aussi : Le Tub (1886) et Danseuse sur scène (1876-1877)

Le Post-impressionnisme

Les joueurs de cartes, 1890-1895, Paul Cézanne

Le domaine des cartes fait bien sûr penser aux Caravagesques (Le tricheur, De la Tour, 1635 ou Les joueurs de cartes, frères Le Nain, 1635-1640). La lumière reflète sur la bouteille et scinde la composition en deux parties symétriques. Cette toile caractérise véritablement un affrontement entre deux personnes, et la tension qui en résulte.

L'église d'Auvers-sur-Oise, 1890, Vincent Van Gogh

Sur les conseils de son frère, Van Gogh s'établit à Auvers-sur-Oise, en compagnie du fameux docteur Gachet. L'église est ici représentée complètement disloquée, prête à s'effondrer. Les formes imposantes et les couleurs inquiétantes de cette toile la rendent à la limite du fantastique, et rappellent quelques tableaux d'Edvard Munch. A la différence de son confrère Claude Monet et ses cathédrales, Van Gogh se veut plus expressionniste en ne se penchant non pas sur l'impression de lumière sur l'église, mais par l'expression de l'église elle-même.

A ne pas manquer aussi : Le Docteur Paul Gachet (1890), La chambre de Van Gogh à Arles (1889), L'arlésienne(1888) et La méridienne (1889-1890)

Jane Avril dansant, 1892, Henri de Toulouse-Lautrec

Toulouse-Lautrec, peintre des cabarets et des fameuses danseuses, peint ici Jane Avril, sa future amie. Il réussit à décrire une mobilité et une dynamique entraînantes où le jeu de jambes est complexe. Par des touches rapides et élancées, le peintre nous propulse 120 ans en arrière dans ces fameux cabarets français.

A ne pas manquer aussi : La clownesse Cha-U-Kao (1895), La toilette (1896)

Le néo-impressionnisme

Cirque, 1891, Georges Seurat

Entre impressionnisme et oeuvre purement scientifique, le Cirque place Seurat comme l'un des plus grands "savants" de la peinture impressionniste. Il peint selon les théories sur les effets psychologiques des lignes et couleurs et selon les lois de mélanges optiques des couleurs. Ce tableau est, à l'instar de ceux de Degas, un instantané de la vie artistique.

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L'église d'Auvers-sur-Oise, Van Gogh, Google Images L'église d'Auvers-sur-Oise, Van Gogh
Les coquelicots, Monet, Google Images Les coquelicots, Monet
La blonde aux seins nus, Manet, Google Images La blonde aux seins nus, Manet
Les joueurs de cartes, Cézanne, Google Images Les joueurs de cartes, Cézanne
Les raboteurs de parquet, Caillebotte, Google Images Les raboteurs de parquet, Caillebotte
 
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