Biographie de Henri de Toulouse-LautrecLe génie et le fou
L'œuvre de Toulouse-Lautrec est tout entière représentative de sa vie d'excès et de folie. Retour sur une vie de couleurs, de vices, de génie.
Henri Marie Raymond de Toulouse-Lautrec-Monfa est né le 24 novembre 1864 à Albi, dans le château familial de cette région du sud-ouest de la France. Issu d’une famille aristocrate, l’union quasi consanguine de ses parents (Alphonse de Toulouse-Lautrec-Monfa et Adèle Tapié de Celeyran) est pour certains la raison de sa maladie. Après avoir obtenu son bac en 1881, il décide de consacrer sa vie à la peinture. Sa maladieLa maladie a fortement participé à forger sa personnalité. Deux chutes furent à l’origine de sa morphologie si particulière qui le caractérise : un buste de proportion normale mais des jambes atrophiées. Il se brisera le fémur droit puis, un an plus tard, le fémur gauche. À partir de 15 ans, ses jambes ne grandiront plus. Une des descendantes de l’artiste, Nicole Tapié de Celeyran, est persuadée que sa difformité venait d’une maladie génétique due à la consanguinité. Sur les murs du château de son enfance, on peut voir encore les marques de la taille du jeune Henri qui s’arrêtent en 1882. Sa croissance s’arrêtera à 1m52. Dépassant son handicap qui lui donnait une image grotesque, Toulouse-Lautrec en jouait et s’amusait à provoquer dans les salons parisiens. Observateur unique du Moulin RougeLautrec quitte le sud et s’installe à Paris. Adepte invétéré des cabarets et de la vie nocturne, il fréquente des établissements comme Le Chat Noir (dirigé par Aristide Bruant), et deviendra une figure incontournable du nouveau cabaret qui ouvre ses portes en 1889 : le Moulin Rouge. L’artiste immortalise l’établissement dans de nombreuses toiles représentant des personnages comme Jane Avril ou Yvette Guilbert, qui firent la célébrité de l’établissement. Il peindra plusieurs affiches, devenues aujourd’hui le symbole de l’artiste. La vie et la mort dans l’excèsL’artiste est très connu pour ses frasques, loin des coutumes aristocrates. Amateur d’alcool, d’absinthe et de femmes, il ne fondera pas de famille. À la fin des années 1890, son goût pour l’alcool menace sa santé. Sa mère le fait interner en février 1899 dans une clinique de Neuilly afin qu'il soit désintoxiqué. Les journaux s'emparent de cet épisode pour condamner un peu plus encore un personnage de vices, incompris de ses contemporains. Il meurt le 9 septembre 1901 au château de Malromé, chez sa mère. Celle-ci inaugure le Musée Toulouse-Lautrec à Albi en 1922. Un génie ou un fou ?Toulouse-Lautrec divisa les avis, de son vivant comme après sa mort. À la mort de Lautrec, un article de l’Echo de Paris exprima noir sur blanc la pensée générale : « Parmi les peintres de notre temps, Lautrec laissera certainement le souvenir d’un talent étrange et immoral, celui d’un infirme qui, voyant la laideur en toutes choses, l’exagéra en peignant les défauts, les perversités et les réalités de la vie. » Dans la masse des critiques acides de l’époque, un article fait exception dans Le Journal de Paris : « Il eut tout loisir de se consacrer à l’observation du monde. Ce qu’il vit n’est pas très flatteur pour la fin de siècle dont il fut le peintre authentique. […] Il se contenta de regarder et, contrairement à bien d’autres, il ne vit pas ce que nous semblons être, mais ce que nous sommes. » L’héritage de Toulouse-Lautrec et son influence sur l’artLa popularité de ses gravures et affiches permit à Toulouse-Lautrec de créer une conscience plus aiguë des évolutions artistiques grâce au libre usage des couleurs et à son indépendance dans les lignes et les formes. Après s’être affranchi de la perspective traditionnelle, il inventa des distorsions anatomiques qui auraient paru ridicules vingt ou trente ans plus tôt. Le succès de Lautrec dans le domaine de la lithographie en couleurs donna une gigantesque impulsion à tout l’art de l’illustration. Les éléments érotiques qui sous-tendent nombre de ses œuvres affectèrent l’approche de ce thème par les autres artistes : cette influence se retrouve dans les premières œuvres de Matisse par exemple. Mais c’est son ascendance sur l’œuvre de Picasso qui reste la plus frappante, notamment au travers de l’usage des couleurs et des formes, mais également dans les esquisses et dessins consacrés à la représentation de scènes de bordels. Le musée Toulouse-Lautrec à AlbiLe Palais de la Berbie, classé monument historique, abrite depuis 1922 le musée de Toulouse –Lautrec, riche de plus de mille œuvres du peintre comprenant 250 tableaux, 31 affiches, des lithographies et des centaines de dessins, devenant ainsi le plus grand musée au monde consacré au peintre. Le musée accueille chaque année 160 000 visiteurs du monde entier, dont une part importante de Japonais, attirés par l’influence considérable du Japon dans les productions du peintre.
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Commentaires 28 juin 2010 20:45
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